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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 18:29

Pourquoi lire ? Charles Dantzig  (Grasset))

Devant le brio, l’érudition, la drôlerie et l’acuité de cet essai de Charles Dantzig consacré à sa passion prédominante, la lecture, on ne peut que s’incliner, livre à la main, et le citer : « Voilà pourquoi la lecture n’est pas contre la vie. Elle est la vie, une vie plus sérieuse, moins violente, moins frivole, plus durable, plus orgueilleuse, moins vaniteuse, avec souvent toutes les faiblesses de l’orgueil, la timidité, le silence, la reculade. Elle maintient, dans l’utilitarisme du monde, du détachement en faveur de la pensée. Lire ne sert à rien. C’est pour cela que c’est une grande chose. Nous lisons parce que ça ne sert à rien. » Et ailleurs, des conseils (« ne pas lire Mein Kampf quand on a perdu son emploi depuis des années dans un pays à forte inflation »), des rosseries (« les éditeurs tentent comme ils peuvent de ne pas vendre et de préserver la littérature, rien n’y fait. Ainsi est né Twilight, le premier roman de vampire qui ne soit pas fait avec du sang, mais avec du navet »), des douceurs (Proust), et des ajustements dans les deux sens (Joyce et sa notoriété, l’emploi du verbe savoir chez Marguerite Duras). Et enfin, une conception de la lecture comme « sœur de la littérature », toutes deux marchant ensemble dans un combat contre le temps. Une philosophie de la lecture qui fait s’exclamer, s’enthousiasmer, applaudir, et qui ne suscite qu’une envie : (la) relire.

Charles Dantzig est l’auteur de romans et d’essais récompensés par de nombreux prix, parmi lesquels, chez Grasset, Nos vies hâtives (2001, Prix Jean Freustié, Prix Roger Nimier), le Dictionnaire égoïste de la littérature française (2005, Prix Décembre, Prix des lectrices de ELLE, Prix de l’essai de l’Académie française), ou L’Encyclopédie capricieuse du tout et du rien (2009, Prix Duménil).

Les Chagrins, Judith Perrignon, (Stock)

Il n’y a plus trace de rien, là-bas. On a déversé des tonnes de sable, vissé des balançoires, planté des arbres et décrété l’insouciance. Mais la mémoire complote. Les chemins serpentent. Le terrain fait des vagues. Le toboggan est habillé d’une tour qui ne guette plus rien. Sous le sable de ce square parisien, il y a la poussière et les secrets d’une prison de femmes. La Petite Roquette, détruite en 1973. Tout le monde a préféré l’oublier. Sauf Angèle. Nul ne lui avait jamais dit qu’elle était née ici, quelque part sous les balançoires, le 16 novembre 1967, un quart d’heure avant l’extinction des feux. Mais sa mère vient de mourir. Helena Danec 1945-2007. Femme sèche et silencieuse. Elle laisse des lettres reçues en prison, un vieil article de presse racontant son procès, et le nom de l’homme qu’elle aimait. 

Alors le passé ne demande qu’à surgir, qu’à faire entendre les vertiges de l’amour, la beauté d’une époque révoltée et la puissance de la musique. Il réclame des explications, il cherche et emprunte toutes les voix ; celle d’Angèle, celle de Mila sa grand-mère, celle d’un vieux journaliste qui en sait beaucoup plus long que ce qu’il avait écrit, et même celle de l’homme qui s’est enfui. Tous racontent l’histoire d’Helena. Son chagrin. Leurs chagrins.

Une affaire conjugale, Eliette Abécassis  (Albin Michel)

  « Pour bien faire les choses, il faudrait commencer par divorcer. Et se marier ensuite. Avant, je croyais connaître mon mari… Je ne sus la vérité sur lui que pendant l’année du divorce, durant laquelle j’en appris beaucoup plus à son sujet que lors de dix ans de vie commune. » Huit ans de mariage. Des jumeaux. Et l’érosion du temps, l’ennui, la trahison remplacent la béatitude des premières amours. Elle constate que son mari ne l’aime plus. Seule issue : divorcer. Avec la lucidité et l’ironie féroces qui caractérisaient Un heureux événement, Eliette Abécassis scrute un jeune couple à la dérive et le revirement du sentiment amoureux. Sous son regard sans concession, le divorce devient le drame initiatique des temps modernes

 

Corps, Fabienne Jacob (Buchet Chastel)

 Chaque jour, Monika arrive la première à l’Institut de beauté. Elle est étrangère, d’origine polonaise, et n’aime pas cette ville impersonnelle et grise où elle travaille. Chaque jour, avant l’arrivée des clientes, elle pense avec nostalgie à son enfance, dans une ferme, dans un vrai pays, avant, avec de vraies saisons. Elle se souvient qu’avec sa sœur elles ne pensaient qu’à une seule chose : comment vient-on au monde ? Monika observe, écoute, juge parfois les femmes qu’elle voit défiler dans sa cabine. Toutes lui racontent des histoires, des plus anodines aux plus intimes. Alix qui ne veut pas d’un homme qui l’aime, Adèle une vieille femme qui a été tondue à la Libération, la femme du boucher, blanche, frileuse, si solitaire… Corps est un roman poétique. Loin des chairs lisses et insipides que la presse féminine jette en pâture à notre imaginaire, Fabienne Jacob fouille le corps des femmes. Voici un portrait sensible de la femme contemporaine ; entre enfance, âge de tous les possibles, et maturité, âge de quelques lucidités.

 

L'homme qui m'a donné la vie, Virginia Bart  (Buchet Chastel)

 1972. Le mouvement hippie offre à Daniel Laurent, un étudiant de 22 ans, la porte de sortie rêvée hors d’une réalité qu’il juge terne et d’un monde qu’il perçoit comme une machine à broyer. Daniel Laurent, marié, a une fille, Valérie, qu’il abandonne définitivement un matin de novembre pour partir en Inde et s’engager dans une voie qu’il ne quittera plus, celle de la marginalité et de la vie sauvage. Car, contrairement à ses compagnons des années hippies, Daniel Laurent ne reviendra jamais dans le rang. D’Amsterdam au Cachemire en passant par les Etats-Unis, il passera trente ans ou presque sur la route, sac au dos, dormant à la belle étoile jusque dans les territoires et les conditions les plus hostiles.

De son côté, sa fille passe trente ans ou presque à affronter le vide. Pire encore, la honte. Celle d’être la fille du « dérangé », du « bon à rien », du « salaud ». Un père dont elle s’emploie, depuis l’enfance, à nier mentalement l’existence. Elle décide pourtant un jour de partir à sa recherche. Elle le retrouve en Espagne, et découvre un homme aussi monstrueux que charismatique. Un esprit désaxé mais brillant, et surtout un corps spectaculaire et magnifique. Un père qui désormais lui inspire admiration, peur et désir infini.

Virginia Bart, 37 ans, est originaire de la ville de Sète. Elle est journaliste (Marianne, VSD). L’homme qui m’a donné la vie est son premier roman.

 

Le confident d’Hélène Grémillon (Plon)

 Au milieu des mots de condoléances qu’elle reçoit à la mort de sa mère, Camille découvre une étrange lettre envoyée par un expéditeur inconnu. Elle croit à une erreur mais, les semaines suivantes, une nouvelle lettre arrive, tissant le roman de deux amours impossibles, de quatre destins brisés. Peu à peu, Camille comprend que cette correspondance recèle un terrible secret qui la concerne.

Machination diabolique sur fond de Seconde Guerre mondiale, ce roman mêle récit historique et suspens psychologique dans un scénario implacable.

Hélène Grémillon a 32 ans. Le Confident est son premier roman.

 

 

L’entrevue de Saint-Cloud, Harold Cobert, (Héloïse d'Ormesson)

 Il fait déjà chaud à Saint-Cloud, en ce petit matin du 3 juillet 1790. Marie-Antoinette - qui vit sous le regard impitoyable de l'Assemblée depuis que le couple royal a été chassé de Versailles - met la dernière main à sa toilette. Pour séduire un homme ? Pour l'affronter, plutôt, car elle hait son visiteur, Honoré Gabriel de Mirabeau, le hideux débauché, l'orateur par excellence de la Révolution. Elle a bien tort, la reine, car de lui dépend son avenir. Mirabeau a, en secret, pris le parti de la monarchie et décidé de sauver l'institution pourvu qu'elle épousât, en apparence du moins, la Révolution... Et à cette femme déjà brisée mais encore fière voire méprisante qui s'avance vers lui, dans un murmure de soie, sur la terrasse d'où l'on distingue la capitale dans les lointains, Mirabeau va révéler le plan simple et cohérent qu'il a concocté et qui doit, pourvu qu'elle l'agrée, changer la face des choses...

 

 Bifteck de Martin Provost (Phoebus)

 Chez Plomeur, à Quimper, on est boucher de père en fils. Dès sa puberté, en pleine guerre de 14, André, fils unique de Loïc et Fernande, développe un don très particulier, celui de faire « chanter la chair » – et pas n’importe laquelle : celle des femmes qui viennent faire la queue à la boucherie Plomeur, dans l’espoir de goûter au plaisir suprême. André assume gaiement et avec talent le devoir conjugal des absents partis au front. Mais l’armistice survient et les maris reviennent. Un matin, André trouve devant la boucherie un panier en osier avec à l’intérieur un bébé. Puis un deuxième, un troisième, un quatrième… sont déposés devant sa porte. Du jour au lendemain, voilà André père de sept enfants et poursuivi par un mari jaloux décidé à lui nuire ! Afin de protéger la chair de sa chair pour qui il se découvre un amour infini, il décide de prendre la mer et de rallier les lointaines Amériques. En chemin, la remuante tribu échoue sur une île déserte

 

(Livre cité l’auteur faisant parti de la liste jeunes talents de Cultura)

 

 

  Vies extraordinaires d'Eugène, Isabelle Monnin  (Lattès)

 On sait peu de choses d'elle. Pas son prénom. Juste qu'elle a décidé de ne plus parler, « puisqu'il n'y a plus rien à dire », qu'elle coud le même modèle de pantalon en velours rouge dans toutes les tailles, de 6 mois à 102 ans, qu'elle surnomme ses parents Lucha mama et Dalaï papa et qu'autrefois elle imitait Bourvil pour le faire rire. De lui, on sait qu'il prépare le marathon de New York, qu'il est historien et qu'il s'est donné une mission : pour que sa compagne retrouve la parole, il doit faire le récit de l'histoire d'Eugène. Eugène est leur fils. Il est mort à l'âge de six jours. Mais comment raconter une si courte vie ? A-t-il existé, lui qui n'a pas vécu ? Le père d'Eugène n'a pas d'imagination mais de la méthode. Il se lance dans une enquête. La traque pragmatique de ce qu'aurait dû être la vie d'Eugène. Il cherche ses « aurait dû » partout. Jusqu'à la crèche qu'il aurait dû fréquenter où il dérobe la liste des enfants qui auraient dû devenir les copains de son fils. Le voilà qui espionne, sur Internet ou dans les rues d'un quartier populaire de Paris, les familles de ces petits. Pendant une année, il tient le journal de cette enquête. Et il s'entraîne pour le marathon sur un tapis de course installé dans leur appartement. Pendant qu'il court, la mère d'Eugène glisse des morceaux de velours rouge dans sa machine à coudre et se raconte en silence les vies héroïques de son glorieux fils. Livre de deuil, Les Vies extraordinaires d'Eugène est le récit de l'absurdité et de la puissance de la vie.

(Sujet qui peut être douloureux)

 

Dessine moi un parisien Olivier Magny (10/18)

Un matin de février, Olivier Magny se lance dans l’écriture d’un blog pour le site de sa société. Il l’écrit en anglais et l’appelle Stuff Parisians Like. Rapidement, plusieurs milliers de lecteurs dans le monde entier se mettent à suivre SPL – coquins complices de ces gentilles mises en boîte des Parisiens par un Parisien. Le petit blog grandit. Un beau jour, 10/18 propose à Olivier de publier son blog. Plus d’écrans ni de clics, mais du vrai papier. Olivier se lance plein d’entrain dans la traduction de ses propres textes.

(De l’humour !)

 

Tu pourrais rater intégralement ta vie, Toni Jordan (Héloïse d'Ormesson)

 Grace Lisa Vanderburg a 35 ans. Elle compte. Tout. Tout le temps. Les lettres de son nom (19). Les pas qui la mènent au café (920). Les poils de sa brosse à dents (1 768). Les graines de pavot sur sa tranche de gâteau. Autant de chiffres qui ordonnent son existence réglée comme du papier à musique.

Quand entre en scène Seamus Joseph O’Reilly (un autre 19), un bel étranger qui n’a pas peur de ses manies, un dilemme ne tarde pas à s’imposer à elle : les chiffres ou la vie ? Pour préserver leur fragile idylle, l’excentrique Grace est-elle prête à perdre le fil de ses additions ? Comédie romantique, réflexion sur la normalité, ce premier roman pétillant offre l’irrésistible portrait d’une héroïne vulnérable et vraie.

(Les problèmes desTOC…)

 

L'enquête, Philippe Claudel (Stock)

 « C’est en ne cherchant pas que tu trouveras. » Comment l’Enquêteur du nouveau roman de Philippe Claudel aurait-il pu s’en douter ? Comment aurait-il imaginé que cette enquête de routine serait la dernière de sa vie ? Chargé d’élucider les causes d’une vague de suicides dans l’entreprise d’une ville qui ressemble hélas à toutes les nôtres, l’Enquêteur est investi d’une mission qu’il doit mener à terme comme il l’a toujours fait. Des signes d’inquiétude s’emparent de lui peu à peu : l’hôtel où il s’installe accueille tantôt des touristes bruyants et joyeux, tantôt des personnes déplacées en détresse. Dans l’entreprise où il devrait être attendu afin de résoudre son enquête, personne ne l’attend et tous lui sont hostiles. Est-il tombé dans un piège, serait-il la proie d’un véritable cauchemar ? On l’empêche de boire, de dormir, de se nourrir, on ne répond jamais à ses questions que par d’autres questions. Le personnel même est changeant, soit affable soit menaçant. À mesure qu’il avance dans ses découvertes, l’Enquêteur se demande s’il n’est pas lui-même la prochaine victime d’une machine infernale prête à le broyer comme les autres. On devine ainsi que l’impuissance de l’Enquêteur à clore son enquête reflète notre propre impuissance face au monde que nous avons construit pour mieux nous détruire

(Univers kafkaien)

 

Le Wagon, Arnaud Rykner (Le Rouergue)

 En juillet 1944, l’un des derniers convois de déportés met trois jours pour aller de Compiègne à Dachau.

Plus de 2000 hommes sont entassés dans 22 wagons, plus de 500 mourront dans le voyage. Sur ce fait historique, vécu par un membre de sa famille, Arnaud Rykner fait le pari de la littérature, en inventant le monologue d’un jeune homme de 22 ans qui raconte, au fil des heures, l’enfer vécu.

 

Vivement l'avenir, Marie-Sabine Roger (Le Rouergue)

 Dans une petite ville de province, trois trentenaires paumés vont se rencontrer et prendre en charge un jeune homme handicapé physique et mental, considéré par tous comme un monstre. Un roman chaleureux, drôle et d’une justesse rare sur notre époque.

 

Le cherche bonheur Michael Zadoorian (Fleuve noir)

 Et si le salut passait par la réalisation d’un dernier rêve, un dernier voyage pour partir dignement. Si l’on quittait le monde en choisissant le moment et la méthode. Partir pour un ultime voyage, celui vers le pays des merveilles… Ella et John sont arrivés au crépuscule de leur vie. Une vie bien remplie qu’ils partagent depuis plus de soixante ans. Mais, rattrapés par de graves et diverses maladies, John souffre de la maladie d’Alzeimer, et Ella, gavée de médicaments, a du mal à se déplacer. Ils décident, malgré l’avis de leur médecin, de leurs enfants et petits-enfants, de rejoindre, à bord de leur camping-car Le Cherche-bonheur, Disneyland-Californie, le pays des merveilles, en empruntant la mythique route 66.

 

Sans un adieu Harlan Coben (Belfond)

 Laura Ayars et David Baskin, l’ancien top model devenue femme d’affaires et la superstar de l’équipe de basket des Celtics : un couple béni des dieux !

Mais, en pleine lune de miel, la tragédie frappe.

David part nager et disparaît.

Sans un adieu...

Accident ? Meurtre ? Suicide ? Laura se lance dans l’enquête et découvre bientôt des secrets vieux de trente ans, que ses proches ont tout fait pour enfouir...

Mensonges, trahisons, jalousies, meurtres... Quand le passé menace de ressurgir, un tueur tapi dans l’ombre est prêt à tout pour empêcher la vérité d’éclater.

 

Une promenade magique dans Paris Philippe Cavalier (Anne Carrière)

 Qui se doute aujourd’hui que Paris est une ville où la magie et le mystère sont présents à chaque coin de rue ?

Qui sait que le parc Monceau est un ancien jardin utopique dédié au perfectionnement moral de l’humanité ?

Qui sait qu’au Champs de Mars s’élève à ciel ouvert un extraordinaire temple à la Franc-Maçonnerie ? Qui sait que la tour saint Jacques est le lieu de ralliement d’une société secrète qui perpétue aujourd’hui encore un rite initiatique datant de la préhistoire ?

Qui sait que les secrets de l’alchimie s’exhibent aux porches de Notre Dame ?

Qui sait que le Louvre est aussi le palais du soleil et que la pyramide de Peï est un calendrier cosmologique ?

Qui sait aussi que la ville est sous la garde d’un protecteur secret dont la statue est cachée dans le jardin des Tuileries ?

A ces questions et à bien d’autres, ce livre répond de manière surprenante en nous révélant un Paris seulement connu de quelques initiés. Un Paris où la mythologie, la sorcellerie et l’hermétisme s’unissent pour construire le décor d’une ville plus fascinante encore qu’il n’y paraît. Mais loin de n’être qu’un simple catalogue de lieux et un répertoire de curiosités, ce guide va plus loin en nous introduisant aux grandes doctrines de l’ésotérisme et aux fondements même de la magie. Enfin, il raconte aussi des histoires pour que vous puissiez à votre tour devenir un fabuleux initiateur capable d’émerveiller vos amis en les guidant au coeur du Paris magique...

 

Féroces, Robert Goolrick (Anne Carrière)

 Les Goolrick étaient des princes. Et tout le monde voulait leur ressembler.

C’étaient les années 50, les femmes se faisaient des coiffures sophistiquées, elles portaient des robes de taffetas ou de soie, des gants et des chapeaux, et elles avaient de l’esprit. Les hommes préparaient des cocktails, des Gimlet, des Manhattan, des Gibson, des Singapore Sling, c’était la seule chose qu’ils prenaient au sérieux. Dans cette petite ville de Virginie, on avait vraiment de la classe, d’ailleurs on trouvait son style en lisant le New Yorker.

Chez les Goolrick, il y avait trois enfants, tous brillants. Et une seule loi : on ne parle jamais à l’extérieur de ce qui se passe à la maison. A la maison, il y avait des secrets. Les Goolrick étaient féroces.

Comparé à William Styron et Flannery O’Connor, Robert Goolrick a créé avec son premier roman, Féroces, un de profundis sudiste, dans lequel un fils ne survit pas tout à fait aux crimes du père, même quand il piétine sa tombe avec des chaussures anglaises.

Robert Goolrick vit a new York. Féroces est son premier roman. Le deuxième, Une femme simple et honnête a été N°1 sur la liste des bestsellers du New York Times (paru en France aux Editions Anne Carrière).

 

 

Le Sel, Jean-Baptiste del Amo  (Gallimard)

 Un grand dîner doit rassembler chez Louise, la veuve d’un pêcheur sétois, ses enfants dispersés et leurs familles. La perspective de ce dîner fait remonter en chacun d’eux des souvenirs, des rancunes, des attendrissements mélancoliques, des regrets et des drames intimes : Fanny, sa rivalité avec sa mère et la perte de sa propre fille Léa ; Jonas, sa rivalité avec Albin, son homosexualité et la perte de Fabrice, son premier compagnon, mort du sida ; Albin, enfin, sa ressemblance avec son tyran de père et la séparation qu’Émilie sa femme lui impose ce soir-là. Louise, elle aussi, se souvient : de la brutalité de son mari, de la dureté de sa vie, des occasions de rencontres amoureuses qu’elle n’a pas pu saisir, de son corps jadis radieux et exigeant, du fossé qui l’a toujours séparée de ses enfants.

Jean-Baptiste Del Amo use de toutes les ressources d’une langue riche et vibrante pour décrire les mouvements de la sensualité qui tourmente et irradie les personnages. Les scènes qui se succèdent ont chacune une force propre, et certaines sont inoubliables (l’exode en train de la famille italienne, la mort de Léa, la confrontation entre Fanny et sa mère, les dialogues entre les deux frères…). Il y a dans cette chronique, hantée par le caractère périssable de l’amour et par la toute-puissance de la mort, un souffle exalté, tremblant, qui évoque les films de Patrice Chéreau, les pièces de Koltès. C’est un roman d’une grande force.

 

A 28 ans, le jeune romancier continue à tenir toutes les promesses de son éblouissant premier livre, « Une éducation libertine » prix Goncourt du premier roman en 2008

 

Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom - Barbara Constantine (Calman- levy)

Tom a onze ans. Il vit dans un vieux mobil-home déglingué avec Joss, sa mère (plutôt jeune : elle l'a eu à treize ans et demi). Comme Joss aime beaucoup sortir tard le soir, tomber amoureuse et partir en week-end avec ses copains, Tom se retrouve souvent tout seul. Et il doit se débrouiller. Pour manger, il va dans les potagers de ses voisins, pique leurs carottes, leurs pommes de terre… Mais comme il a très peur de se faire prendre et d'être envoyé à la Ddass (c'est Joss qui lui a dit que ça pouvait arriver et qu'elle ne pourrait rien faire pour le récupérer), il fait très attention, efface soigneusement les traces de son passage, replante derrière lui, brouille les pistes. Un soir, en cherchant un nouveau jardin où faire ses courses, il tombe sur Madeleine (quatre-vingt-treize ans), couchée par terre au milieu de ses choux, en train de pleurer, toute seule, sans pouvoir se relever. Elle serait certainement morte, la pauvre vieille, si le petit Tom (petit homme) n'était pas passé par là…

(Une bouffée d’air frais)

 Pour quelques gouttes d’alcool Matt Bondurant (l’Archipel)

1934, comté de Franklin, Virginie, un Etat célèbre pour le trafic d'alcool. Sherwood Anderson arrive à Rocky Mount pour écrire un article sur une femme produisant du whisky de contrebande. L'abrogation de la Prohibition a certes été votée quelques mois plus tôt, mais bon nombre de citoyens se livrent encore au commerce illégal pour survivre ou échapper aux taxes. Un grand procès de bootleggers doit prochainement s'ouvrir, que Sherwood de le couvrir.

Mais, bien vite, il entend parler d'un fait divers qui le détournera de ses missions premières; Le 20 décembre 1930, les trois frères Bondurant, des trafiquants d'alcool notoires, sont blessés par balles à Maggodee Creek par les adjoints du shérif en essayant de forcer un barrage

Trois frères : Forrest, l'aîné, un homme féroce, prétendument indestructible et dur en affaires. Howard, le puîné, taillé comme un boeuf, traumatisé par les horreurs dont il a été le témoin lors de la Première Guerre mondiale. Jack, enfin, le plus jeune, qui s'adonne à la luxure en attendant de pouvoir s'échapper de Franklin

Ces hommes, qui ont survécu à la Grande Dépression grâce à la contrebande, veulent dès lors se venger des hommes du shérif, pas aussi respectables que pourrait le laisser supposer leur étoile; C'est le récit de cette vengeance que nous livre ici Matt Bondurant en retraçant l'enquête de Sherwood Anderson

 

 

Le Syndrome [E], Franck Thilliez (Fleuve Noir).

Une affaire étrange bouleverse l’été de Lucie Hennebelle, lieutenant de police à Lille où elle vit avec ses jumelles. Un de ses ex-petits amis a perdu la vue en visionnant un court métrage acheté au fils d’un collectionneur décédé. Un film muet, anonyme, mais surtout, un film à la mise en scène malsaine et au scénario énigmatique. Au même moment, le commissaire Franck Sharko, ancien de la Criminelle et analyste comportemental à l’OCRVP (Office Central pour la Répression des Violences aux Personnes, Nanterre) suit un traitement par stimulations magnétiques au cerveau à cause d’une schizophrénie tenace. Il cède à l’appel du terrain à la demande de son supérieur et contre l’avis d’Eugénie, la petite fille imaginaire qui le suit depuis la mort de sa femme et de sa fille. Dans le Nord de la France, cinq corps d’hommes impossibles à identifier ont été retrouvés deux mètres sous terre. Mains coupées, dents et yeux arrachés, boîte crânienne tranchée, cerveau disparu, tous en état de décomposition avancé.

Alors que Lucie découvre les horreurs que cache le film, un mystérieux Québécois l’informe par téléphone du lien ténu qui existe entre cette bobine et l’histoire des cinq corps. Une seule et même affaire grâce à laquelle Lucie et Sharko, si différents et pourtant si proches dans leur conception du métier, vont se rencontrer… Des bidonvilles du Caire aux orphelinats du Canada des années 1950, les deux équipiers vont mettre le doigt sur un mal inconnu baptisé le syndrome E. Un mal d’une réalité effrayante qui révèle que nous pourrions tous être capables du pire…

 

Rue Farfadet Raphaël Albert  (Mnemos)

 Panam, dans les années 1880 : les humains ont repris depuis longtemps la main sur les Peuples Anciens. Sylvo Sylvain a posé son havresac dans la rue Farfadet, gouailleuse à souhait. Chapeau melon vissé sur le crâne, clope au bec, en compagnie de son fidèle ami Pixel, il exerce la profession exaltante de détective privé et les affaires sont nombreuses! Des adultères à photographier, des maris jaloux, des femmes trompées, etc. Ni très rémunérateur, ni très glorieux que tout ceci. Alors, Sylvo fréquente assidûment les bars, les cafés et les lieux de plaisir en tout genre où son charme envoûte ces dames...

Jusqu’au jour où, lors d’une banale enquête de routine, il se trouve mêlé à une machination dépassant l’entendement. Le voilà, bien malgré lui, chargé de l’affaire par l’un des trois puissants ducs de Panam. Saura-t-il tirer son épingle de ce jeu compliqué et dangereux?

 

Dans ce premier roman Raphaël Albert déploie un art consommé de l’écriture. Il nous fait palpiter au rythme d’une histoire passionnante de bout en bout. Il trousse avec style un personnage attachant et original et invente un univers surprenant de fantasy steampunk où l’on croise centaures taxis, motos à vapeur et magie de bataille

 

(« Fantasy » bien écrit qui peut plaire aux adultes)

 

 

Rhapsodie en noir Craig McDonald (Belfond)

Après le survolté premier roman de Craig McDonald, « La tête de Pancho Villa », à côté duquel vous êtes peut-être passé, voici l’occasion de vous rattraper avec la sortie conjointe du second volet des aventures d’Hector Lassiter aux éditions Belfond et la réédition du premier en 10/18.

1935, Key West, Floride, tandis qu’un ouragan menace les cotes, Hector Lassiter, jeune auteur de polars « à succès », ami d’Hemingway, fait la rencontre d’une journaliste, Rachel Harper, aussi séduisante que tourmentée…

Après la tempête, ce qui avait commencé comme une pochade d’étudiant se termine dans un bain de sang. Rachel est retrouvée sur la plage, un bouquet de roses planté dans le ventre.
Une longue quête va commencer pour Lassiter, une chasse à mort qui va l’entraîner de l’Espagne, à Cuba, en passant par Hollywood. Deux décennies, à ferrailler entre histoire et art, sur les traces d’un tueur qui semble s’inspirer du surréalisme. Une plongée dans un monde ou les apparences sont des trompes l’œil…Et la mort, un happening.

Une réussite, entre roman et film noir, le tout en Technicolor, et une distribution de rêve, Dos Passos, Rita Hayworth, Orson Welles et bien sûr « Papa » Hem, le grand Ernest.

 

Le Proscrit, Sadie Jones (10/18)

 1957 : le jeune Lewis Aldridge âgé de dix-neuf ans sort tout juste de prison où il vient de passer deux années pour avoir incendié l’église d’une petite ville cossue du Surrey au sud de Londres. Son père lui a fait parvenir de l’argent en quantité suffisante pour que Lewis comprenne qu’il puisse s’abstenir de rentrer à la maison. Mais il s’achète des vêtements et retourne dans sa famille sans imaginer ce qui l’attend...

Quand, douze ans auparavant, en 1945, Gilbert, le père de Lewis est revenu de la guerre, c’était un étranger aux yeux de son fils qui s’était considérablement rapproché de sa mère en son absence. Gilbert était heureux de retrouver la vie civile des bourgeois étriqués de l’Angleterre provinciale : la messe du dimanche suivie du déjeuner avec les voisins, l’apéritif du soir et le pied-à-terre à Londres quand, certains soirs, il choisissait de ne pas rentrer par le dernier train de banlieue.

Mais son épouse Elizabeth et Lewis préféraient, ainsi qu’ils l’avaient souvent fait pendant les années de guerre, la liberté d’un pique nique en forêt.

Un jour cependant, de l’un de ces repas champêtres, Lewis est rentré sans sa mère...

Roman réaliste, psychologique et social sur fond d’années cinquante en Angleterre, Le Proscrit est traversé par les dysfonctionnements rigoristes et conformistes d’une middle class capable de conduire un enfant à l’auto mutilation puis à la délinquance.

Sadie Jones a été scénariste pendant quinze ans. Le Proscrit est son premier roman.

 

 Ouragan, Laurent Gaudé (Actes Sud)

Au coeur de la tempête qui dévaste la Nouvelle-Orléans, dans un saisissant décor d'apocalypse, quelques personnages affrontent la fureur des éléments, mais aussi leur propre nuit intérieure. Un saisissant choral romanesque qui résonne comme le cri de la ville abandonnée à son sort, la plainte des sacrifiés, le chant des rescapés.

 

 Elle s’appelait Sarah Tatiana de Rosnay (Héloise d’Ormesson)

Cet ouvrage est adapté au cinéma par Gilles Paquet-Brenner avec Kristin Scott-Thomas, Mélusine Mayance.

Paris, juillet 1942 : Sarah, une fillette de dix ans qui porte l’étoile jaune, est arrêtée avec ses parents par la police française, au milieu de la nuit. Paniquée, elle met son petit frère à l’abri en lui promettant de revenir le libérer dès que possible. Paris, mai 2002 : Julia Jarmond, une journaliste américaine mariée à un Français, doit couvrir la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv. Soixante ans après, son chemin va croiser celui de Sarah, et sa vie changer à jamais. Elle s’appelait Sarah, c’est l’histoire de deux familles que lie un terrible secret, c’est aussi l’évocation d’une des pages les plus sombres de l’Occupation. Un roman bouleversant sur la culpabilité et le devoir de mémoire, qui connaît un succès international, avec des traductions dans vingt pays.

 

Ce livre a obtenu le prix Chronos 2008, catégorie Lycéens, vingt ans et plus.

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Bienvenue sur le blog des "Groupes-discussion" de l'association plaisiroise "Lecture et Dialogue".

 

L'Association est née du désir de communication de jeunes femmes nouvellement installées à Plaisir. Elles se sont réunies pour discuter de livres, formant un groupe-discussion qui a fonctionné quelques mois de façon informelle. Le succès de cette initiative a déclenché un phénomène de "boule de neige" : deux participantes ont d'abord créé leur propre groupe dans le même secteur, puis au fil du temps, l'exemple a été suivi dans tous les quartiers de Plaisir. Actuellement 30 groupes se réunissent régulièrement. Une animatrice ou un animateur coordonne le débat entre les participant(e)s. Une commission "documentation" élabore des dossiers à partir d'articles de presse, sur les écrivains et les thèmes choisis dans les groupes, apportant ainsi un support aux discussions. Les commentaires rédigés par les groupes sont en ligne sur ce blog. Un index par auteur permet une recherche rapide. Vos commentaires sont les bienvenus.

Les activités proposées : visites commentées, sorties, cours, conférences... sont annoncées chaque chaque trimestre ici

Texte Libre

Vous désirez vous évader du quotidien, faire des pauses, gérer votre temps lectures, culture, loisirs ? Vous aimez lire, écrire, échanger des idées, aborder des sujets variés ?

Vous souhaitez partager vos choix de lecture, cinéma, vidéo dans une ambiance sympathique ? Nos groupes-discussion sont faits pour vous.

Lecture et Dialogue organise depuis de nombreuses années des "groupes-discussion" qui permettent aux participants d'exprimer leurs avis et d'écouter celui des autres participants.

Un "groupe-discussion" c'est la motivation qui me manque quand je me dis que je devrais lire le livre ou voir le film dont j'ai entendu parler alors que je n'aurais pas le courage ou le temps de le faire si je n'ai pas le plaisir d'aller à la prochaine réunion du groupe. "

Vous pouvez également assister aux cours dispensés par des professeurs diplômés, le matin en semaine et vous inscrire à des visites commentées par des conférenciers professionnels, vous inscrire à des sorties théâtre dans la région ou en car à Paris.

Vous pouvez assister à une conférence ou venir à la rencontre d'un écrivain. Ces deux activités sont ouvertes à tous, adhérents et non adhérents, plaisirois et non plaisirois.

L'ensemble des activités est mis en ligne en temps réel sur ce blog : http://lecdial.eklablog.com