Mardi 24 janvier 2012
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Ecrire sur sa famille, sur sa mère, cela a été fait maintes fois. Avec son propre questionnement, Delphine de Vigan nous propose dans ce livre si particulier, si personnel des récits de la vie familiale entrecoupés
d’interrogations sur l’origine de la maladie de sa mère.
L’écriture lui permettra-t-elle de ne plus être en quête de
cette souffrance, de ce mystère ?
Cette mère était à la fois si présente si lointaine.
L’humour et l’écriture poétique révèlent le comique caché dans les épisodes les plus dramatiques, notamment
lors des extravagances de sa mère pendant ces bouffées délirantes.
Ce livre a rencontré presque l’unanimité du groupe.
Quel a été le rôle des parents, la maladie de la tante de
Lucile ? Avec l’écriture de ce livre, Delphine de Vigan pourra-t-elle penser à sa mère sans que son souffle en soit coupé.
Groupe : Calliope (Janvier 2012)
Avis du groupe de la Bataille (mars 2012) :
"Du noir vient une lumière secrète" dit le peinte Soulages. C'est peut-être, cette
lumière secrète qui nous est dévoilée dans le roman de DV : la vérité humaine de sa mère.
"Rien ne s'oppose à la nuit...
Et que ne durent que les moments doux..."
C'est un vrai coup de cœur de lecture. Sur fond sonore de la chanson de Bashung
:
DV parcourt tout le labyrinthe de la mémoire familiale pour sortir à la lumière et dire
l'amour qu'elle a pour sa mère, cette lumière noire qu'elle appelle :
"outrenoir, dont la réverbération, les reflets intenses, la lumière mystérieuse, désigne un
ailleurs".
Un ou une auteur(e) peut-il écrire les souffrances, les intimités souvent cachées de sa
famille ? Cela c'est déjà fait : DV cite Lionel Leroy dans son roman : "Chagrin". Delphine de Vigan ira jusqu'au bout.
Cette situation de souffrance totale pour l'écrivaine et sa famille a bouleversé une bonne
majorité des lectrices du groupe ; quelques unes ont été dérangées en particulier par le questionnement de l'auteure : "les affres" dans lesquels elle se débat pour se donner le droit de dire sa
mère.
L'auteure a osé nous écrire cette part noire et tourmentée de sa maman avec des mots
simples et sans pathos. A propos de cette maladie qu'on nomme bipolarisme ou trouble bipolaires ou psychose maniaco-dépressive quelques lectrices se sont exprimées.
Ce roman, nous a beaucoup interrogées. Il a ouvert notre regard sur cette maladie dont
Lucile souffre. il est très difficile d'imaginer cette douleur. Mais DV réussit à nous livrer l'étrange onde d'angoisse qui s'infiltre dans le psychisme de Lucile et de son entourage.
"Rien ne s'oppose à la nuit" chante Bashung.
Delphine de Vigan écrit sa mère.
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